Vendée - 69 ans, mariée, deux enfants, 3 petits-enfants :
La campagne environnante est inondée et il pleut des cordes lorsque je sonne chez Geneviève ! Heureusement la "marquise" me protège un peu, le temps que la porte s’ouvre avant d’être transformé en éponge gorgée d’eau. Nous nous installons bien au sec dans le salon.
« J’ai découvert mon cancer en mai 2007, deux de mes sœurs plus âgées avaient déjà été touchées et lors d’une mammographie de contrôle, à l’occasion de mes 50 ans, le radiologue détecte un tout petit nodule au sein gauche. J’ai été opérée à Nantes au HPCN une première fois en juillet, puis il a fallu une seconde intervention en août pour ôter quelques particules résiduelles. Hélas, en septembre, suite aux analyses complémentaires, il m’a fallu retourner sur la table d’opération pour une mastectomie suivie d’une reconstruction. »
Une reconstruction très douloureuse, avec prélèvement d’un lambeau du grand dorsal. Cette technique consiste à prélever un lambeau du muscle dorsal en préservant la peau et les vaisseaux sanguins qui restent connectés pour faire "pivoter" le tout sur la poitrine. Geneviève garde un mauvais souvenir de cette période avec double cicatrice et plusieurs drains.
La chimiothérapie, à raison de six séances espacées de trois semaines, va compléter les soins puis elle devra observer une cure d’hormonothérapie pendant les cinq années suivantes. Une première séance de chimio où elle va subir quelques effets indésirables, ce qui la décidera à consulter un magnétiseur pour la soulager lors des suivantes. Un bienfait constaté, qu’on y croit ou pas, dit-elle ! La perte de ses cheveux reste aussi une épreuve traumatisante qu’elle va surmonter avec le port d’une perruque. Elle revient alors sur les propos de son médecin traitant à l’époque où elle découvre son cancer.
« Ce n’est pas anodin dans votre parcours de vie, me dit-il. En effet, je venais de perdre mon mari, puis un de mes fils qui s’était suicidé. Ces chocs psychologiques ont certainement favorisé le "terrain" et permis au cancer de se développer... »
Tous les ans elle est bien entendu suivie et en 2015 apparaît une récidive sur la reconstruction. La peau ainsi que le mamelon, préservés, sont sans doute à l’origine de ce "retour" de la maladie. Geneviève demande alors l’ablation totale et va suivre ensuite 35 séances de radiothérapie à La Roche-sur-Yon. Là, elle anticipe et consulte un "coupeur de feu" pour atténuer les effets. Elle avoue un regret, le choix de ce centre de soins pour des raisons de proximité, mais elle ne s’est pas senti aussi bien "choyée" qu’à Nantes... Puis de nouveau de l’hormonothérapie, pendant dix ans.
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