ÉLISABETH - Deux-Sèvres - 51 ans, mariée :
Un seul coup de fil, celui redouté depuis fin août, Élisabeth vient de perdre sa petite sœur, de six ans sa cadette, nous sommes le 2 octobre 2024. Foudroyée brutalement par la maladie, elle est partie rapidement n’étant plus que l’ombre d’elle-même, laissant mari, enfants et famille dans une peine immense.
Un deuil qu’Élisabeth va avoir du mal à surmonter, d’autant que plusieurs milliers de kilomètres séparent les familles. Malgré tout, elle sait que début décembre elle va devoir s’occuper d’elle, une mammographie de contrôle est programmée le 4 décembre, elle est suivie régulièrement suite à de nombreux kystes aux seins. Au praticien qui la suit, et qui déjà avait diagnostiqué un cancer chez sa sœur dès l’âge de 10 ans, alors qu’il lui demande des nouvelles, elle lui apprend son décès brutal. Elle voit aussitôt son visage se décomposer et ses yeux se remplir de détresse et de stupeur. Il lui demande alors de se lever et de l’accompagner vers les écrans pour lire les résultats : «Il est resté vague, sans utiliser le mot de cancer, mais plutôt de calcifications groupées… À partir de ce moment, je suis entrée dans une bulle protectrice, plus rien de ce qui se disait ne pouvait m’atteindre.»
Néanmoins, sur ses conseils, elle va demander une consultation d’un médecin spécialiste en urgence, sans attendre les fêtes. L’urgence attendra presque un mois puisque le premier rendez-vous est fixé début janvier à Nantes avec une batterie d’examens supplémentaires. A l’issue du dernier examen, le médecin l’informe qu’elle devra rester un peu pour subir une biopsie. Concentrée, dans sa bulle de plus en plus épaisse, Élisabeth fait front et se laisse guider par les spécialistes qui vont même jusqu’à la féliciter pour son attitude sereine.
En réalité, elle reste sur un deuil douloureux et non exprimé. Elle a une calcification, on va l’opérer et elle pourra poursuivre son chemin. Une sorte de défi puisque rien de plus douloureux que la perte de sa sœur ne pourra l’atteindre. «Je me disais, rien ne pourra m’arriver de pire, parce qu’il faut que je vive sans ma sœur...»
Quelques larmes lui montent aux yeux à l’évocation de ce moment, mais rapidement elle reprend le contrôle et poursuit. «Je n’ai jamais pleuré, je ne me le suis jamais autorisé. Il fallait que je sois forte pour tout le monde...»
Le diagnostique final tombe fin janvier, sa chirurgienne lui parle alors d’un cancer. Pour la première fois le mot est prononcé : grade 3, infiltrant et de type agressif à 70%. Rapidement, le jour de la Saint Valentin, elle adopte un nouveau "compagnon" : la chambre implantable sur le côté droit. Non sans douleur, puisqu’en cours d’une opération plus difficile que prévue, elle se réveille et hurle de douleur avant de replonger dans les bras de Morphée grâce à une injection supplémentaire de l’anesthésiste : « Ne vous inquiétez pas, on va vous remettre une dose ! »
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