OCTOBRE OSE | EXPOSITION "Échec et mat au cancer du sein" du 1er au 31 octobre - ©2026 Stéphane Poupin postgraph.fr

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MATHILDE - Vienne - 41 ans, divorcée, un enfant :
Souriante et enjouée, Mathilde débute son témoignage par ces mots : « J’ai 40 ans et j’ai commencé par avoir un premier cancer à 26 ans en 2011. Un cancer de la langue. Découvert fortuitement et surtout à temps, j’ai subi une "simple intervention chirurgicale". En 2016, mon fils n’avait que deux mois, on me détecte un nouveau cancer de la langue ce qui m’oblige à retourner sur le billard. Aucune explication ne m’est fournie pour expliquer ces cancers ORL. Dans ce contexte, je suis donc très attentive et très sensibilisée à ce mal qui me suit depuis quelques années. Une sorte d’épée de Damoclès. »

Par chance, elle est suivie par un ORL qui reste très attentif à elle, de par son jeune âge lors de son premier cancer et avec qui elle a pu entretenir une relation privilégiée bienveillante. En 2018, une douleur persistante à l’oreille l’amène donc en consultation en urgence et, là, l’ORL fait aussitôt les examens nécessaires qui permettent de déceler un cancer du cavum appelé aussi nasopharynx. Sa vie de couple venait de "basculer" négativement un mois auparavant et sans doute son état psychologique du moment a-t-il favorisé son apparition, suppose-t-elle ?
Sans opération possible, elle se retrouve avec un parcours plus compliqué, chimiothérapies, rayons… Heureusement tout a bien fonctionné, la tumeur s’en est allée ! Ce fut une année difficile, explique-t-elle, entre une séparation douloureuse, la garde seule de mon jeune fils et le traitement du cancer.

Elle continue : « Le 2 avril 2025, je me souviens parfaitement que, énervée ce soir-là, en prenant ma douche je trouve une masse sur le haut de mon sein droit et tout de suite je sens que ce n’est pas normal. Nous sommes un mercredi soir, et je sais que la radiothérapeute qui me suit, spécialiste également du cancer du sein, consulte le jeudi matin. Avec mes antécédents, je décide de ne pas perdre de temps et la contacte directement le lendemain matin pour obtenir une consultation, elle me reçoit aussitôt. Effectivement, elle m’oriente alors vers une mammographie et une échographie. »
« Le 9 avril, après les examens, le radiologue répond à mes interrogations sur la présence d’une tumeur cancéreuse à 95%. Une biopsie est programmée pour le 14 avril. Il faudra attendre les résultats, mais dans ma tête je sais ! Je garde tout de même le silence radio, je décide d’attendre de savoir réellement ce qu’il en est pour en faire part à mon entourage. Je travaille dans le domaine des essais cliniques en cancérologie. Ce choix de métier n’est pas dû au hasard, la proximité du milieu médical me rassure. »

Une fois confirmation par la biopsie d’un "triple négatif" non hormono-dépendant, je dois commencer mon parcours de soins. Ce sera une première série de chimios et je m’organise avec ma cheffe de service afin de poursuivre mon travail à mi-temps, malgré les chimios hebdomadaires. N’ayant pas suffisamment d’ancienneté dans cet emploi, je dois poursuivre mon travail, sous peine de me retrouver sans complément de salaire. Ce qui, pour une maman solo, n’est pas le plus agréable ! Rester au contact du monde du travail reste néanmoins une force, malgré les contraintes, pour éluder le statut de "malade" et me battre sans me laisser abattre.

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