Maine et Loire - 35 ans, mariée, un enfant bientôt deux...
Tatiana travaille déjà depuis plusieurs années comme infirmière au bloc opératoire lorsqu’elle décide de valider cette spécialité par un concours. Après quelques péripéties administratives variées, c’est deux ans plus tard en 2021 qu’elle entame enfin sa formation !
En mars 2022, l’année de ses 30 ans elle remarque une grosseur qui grossit dans son sein gauche depuis quelques semaines. Son conjoint insiste pour qu’elle consulte, mais son médecin n’est pas alarmiste. L’examen par son gynécologue va dans le même sens. Hélas, elle va recevoir un autre son de cloche lors de l’échographie de contrôle et elle a la confirmation de ce qu’elle pressentait : c’est un cancer et à la question « Est-ce grave ? » la réponse est franche : OUI.
Sonnée elle "subit" les heures qui suivent, tandis que les questions existentielles se bousculent dans sa tête. Elle rentre à la maison pour annoncer à son conjoint la terrible nouvelle. Malgré ce choc brutal, le lendemain elle décide de poursuivre sa formation, mais elle est dans sa "bulle" de réflexions et ne parvient pas à trouver la concentration nécessaire. Le midi, à la pause déjeuner, seule elle prend la décision de concentrer ses efforts sur les soins et ce nouveau combat. Elle décide d’arrêter l’école et fait transférer son dossier à l’ICO de Nantes. La machine médicale est en marche, et dépourvu d’humanité dans ce cycle des rendez-vous qui se bousculent. Ce qui n’est pas toujours compatible avec sa vie de maman d’une petite fille de 8 ans ! Elle est un dossier, une patiente qu’il faut soigner : Elle se sent "l’objet" de la médecine, elle doit être disponible, on lui impose des dates de rendez-vous… Alors, au cours d’une consultation avec son chirurgien, malgré les avis moins radicaux du corps médical, elle décide de subir une mastectomie totale de son sein avec reconstruction immédiate. Un choix qui s’est avéré le bon après intervention : 4 tumeurs, 21 ganglions atteints…
Nous sommes en juin et elle commence son premier cycle de trois chimiothérapies. En juillet, alors qu’elle se prépare pour un mariage, ses cheveux tapissent le sol de sa douche. Son conjoint se voit missionné d’une étape symbolique : la tondeuse. Un geste intime, symbolique avec des mots forts : « je t’aime ». C’est aussi l’occasion de recouvrir son crâne d’une prothèse capillaire, qui s’avèrera inconfortable, surtout en période estivale. Elle décide d’affronter le regard des autres sans cet accessoire. Casquettes, foulards, bonnets et capuches feront l’affaire et tant pis pour les réflexions entendues parfois sur son passage tête nue. Dès la seconde chimio le produit lui vaut un week-end avec une série de déboires aux urgences et de gros effets indésirables. Fortes fièvres, vertiges et palpitations cardiaques. Cette sur-toxicité implique un changement de molécule et ce protocole est orienté sur un nouveau traitement de neuf chimiothérapies.
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